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Mensonges en cascade


Technologie : La série Pretty Little Liars s’est achevée en 2017. Retour sur un divertissement qui mêle habilement plusieurs univers.

Pretty Little Liars (PLL) met en scène une bande de cinq copines. Une nuit, l’une d’elle disparaît et le groupe se disloque. Un an plus tard, on retrouve un corps, supposé être celui de la jeune fille disparue — Allison. Peu à peu, on découvre qu’elle connaissait les secrets de beaucoup de monde et qu’avec son enterrement, ces derniers refont surface, mettant en péril ses amies. 

 

Un mélange intéressant

Basée sur des romans de Sara Shepard, la série reprend les codes de Desperate Housewives, de Gossip Girl et de Scream (la série). Desperate Housewives pour le groupe d’amies très soudées, Gossip Girl pour le harcèlement numérique et Scream, à partir de la cinquième saison, pour les quelques scènes d’horreur assez glaçantes. 

L’analogie est facilitée par le fait que les actrices qui doublent les personnages en français sont également présentes dans le casting de PLL. Pour autant, est-ce une sorte de remake facile de trois séries, qui ont cartonné ? 

Allison, qui est au centre de la série, est une jeune fille manipulatrice, mais qui finit par gagner en humanité dans les deux dernières saisons. Les sentiments qu’elle inspire sont très ambivalents : on a envie de la protéger, mais on ne peut s’empêcher de penser qu’elle a aussi provoqué son propre malheur. 

Aria est la plus naturelle et la plus fidèle à elle-même. Elle a son propre univers et contrairement à ses amies, pendant un an, elle sort de sa banlieue bourgeoise pour voir le monde, ce qui lui confère une certaine épaisseur. 

Hannah est la « modeuse » du groupe. Peu intéressée par les études, c’est une tête de linotte qui ne manque pas de finesse ni de jugeote. Elle a une intelligence pratique.

Emily est la sportive et la plus douce de la bande, celle qui apporte l’humanité manquante d’Allison. 

Spencer est l’intellectuelle. La phrase qui revient pour la décrire est « il y a quelque chose que tu ne sais pas faire ? » Littérature, sciences, informatique et crochetage de serrure, peu importe le domaine dans lequel elle doit s’impliquer, elle n’échoue que très rarement. 

Nos cinq jeunes filles sont évidemment accompagnées d’amis et de parents. La série est un plaidoyer pour la vérité, car si certains mensonges sont suffisamment graves pour ne pas être dévoilés - un meurtre -, d’autres sont des petits mensonges, les petits arrangements que l’on pratique quotidiennement avec la vérité, qui finissent par générer des situations catastrophiques. PPL se regarde et se regarde bien, avec fascination et intérêt. La bande sonore est pertinente et on ne peut que décerner un bon point pour les vêtements - d’où le parallèle avec Gossip Girl. À l’attention des lecteurs : la série est assez longue. Comptez sept saisons, d’environ une vingtaine d’épisodes par saison, d’une durée de 40mn. Si vous n’accrochez pas sur les premiers épisodes, arrêtez-vous, car l’intrigue est fournie. 

En dehors du mensonge, le point central de la série est l’informatique et pour une fois, on sort enfin des représentations peu concrètes. 

De la technique bien amenée

Les héroïnes sont harcelées par un mystérieux personnage. D’abord par SMS, puis par emails, puis par chat vidéo, etc. Tous leurs mouvements sont scrutés par une personne, qui semble les suivre à la trace, par différents moyens. Dans leur quête, elles sont aidées par deux personnes : Mona et Caleb. C’est surtout ce dernier qui va devenir un pilier de la série, car ses compétences en informatique vont permettre de contrecarrer « A ». Intrusions dans des bases de données, interceptions de communication, recherches en sources ouvertes, peu d’attaques lui semblent inconnues et ce qui est novateur, c’est le côté personnel. Dans la plupart des divertissements, on met en scène des attaques dans des entreprises ou dans des entités étatiques, plus rarement chez les individus. 

Sur le plan technique, les méthodes utilisées semblent assez réalistes même si on peut avoir quelques réserves sur les termes employés. Notons également que la plupart des bases de données consultées librement ne valent que dans une perspective américaine. En effet - et c’est un point que l’on retrouve beaucoup dans les livres consacrés à l’OSINT - aux États-Unis, certaines données sont légalement consultables sur le Web, ce qui n’est pas le cas en France. 

Il n’y a qu’un détail qui peut interpeller sur le plan technique : les messages anonymes. Dès le début, les héroïnes reçoivent ce qui paraît être des SMS totalement anonymes. La seule information donnée est « blocked ID ». S’il existe des sites permettant d’envoyer des SMS anonymes, à aucun moment il n’est indiqué si on parle de SMS ou d’application de messagerie. Par ailleurs, à aucun moment les héroïnes n’essaient de retracer techniquement l’origine des messages. 

PLL est une bonne série, prenante et intéressante, que vous trouverez intégralement sur Netflix ainsi qu’en DVD. Je vous souhaite une bonne année 2019.

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Tris Acatrinei

A propos de Tris Acatrinei

Consultante en sécurité informatique, Tris Acatrinei est aussi une enfant de l'industrie du divertissement, qu'elle prend comme une source d'inspiration.

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