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« L’IA est actuellement très, très stupide », mais ce n'est pas grave


Avis d'expert : L’IA est sur toutes les lèvres, mais les spécialistes rappellent que ces technologies ont des limites. Pour le patron de l’IA de Google, l’IA est actuellement très, très stupide, au moins comparée aux capacités humaines. Mais pas grave puisqu'elle permet déjà beaucoup d'avancées.

 

« L’IA est actuellement très, très stupide » a déclaré Andrew Moore, vice-président de Google. « C’est vraiment bien pour faire certaines choses que notre cerveau ne peut pas gérer, mais ce n’est pas une chose sur laquelle nous pourrions nous reposer pour faire un raisonnement général impliquant des choses comme des analogies, une pensée créative ou s'aventurer en dehors des sentiers battus. »

Il ne faudrait pas cependant en déduire que Google considère qu'utiliser l'IA soit stupide. En effet, Moore, qui s’exprimait lors de la conférence Google Cloud, encourage les clients de la firme à adopter l’intelligence artificielle, en particulier les services de reconnaissance d’image proposés par Google.

Le grand progrès de l'IA, c'était il y a 9 ans

Cette remarque du dirigeant était d’abord destinée à souligner les limites de la technologie d'IA actuelle. Celle-ci s’inspire notamment du cerveau humain au travers des réseaux de neurones, pouvant être formée à la reconnaissance de modèles dans des données réelles.

Ces approches s’avèrent performantes pour traiter des tâches complexes à programmer, telles que la traduction de langues, la détection d’achats frauduleux par carte de crédit et la génération de discours sur ordinateur.

Mais les déclarations de Moore montrent qu'il est peut-être temps de prendre conscience des limites de l'IA, et pas seulement du risque hypothétique de se transformer en Skynet et de menacer les humains comme dans les scénarios de SF.

Kai-Fu Lee, directeur général de Sinovation Ventures et auteur du nouveau livre « AI Superpowers », partage cet avis.

« La plus grande avancée dans l'apprentissage machine a eu lieu il y a neuf ans, et il n'y a pas eu d'avancée depuis » jugeait-il lors de la conférence Techonomy 2018, qui se tenait en début de semaine.

Quelle sera la prochaine percée de l'IA ?

Pour autant, l’utilisation du machine learning se développe et les réflexions se poursuivent sur les moyens d'exploiter cette même technologie. « Nous en sommes au stade de l’invention de l'électricité. Y aura-t-il de l'électricité 2.0 ? »

Une des prochaines étapes pourrait être l’apprentissage « non supervisé ». Aujourd'hui, les algorithmes d'intelligence artificielle sont formés sur de grandes quantités de données soigneusement étiquetées en amont pour que l'IA puisse correctement détecter les modèles. L’apprentissage non supervisé signifie apprendre à partir de données brutes, par exemple des millions de photos prises par des voitures Google Maps Street View.

L'intelligence artificielle générale est une autre possibilité à plus long terme. « Lorsque l'IA peut faire tout ce que nous pouvons, mais en mieux » la décrit ainsi Diane Greene, directrice de Google Cloud.

« Les gens ont le sentiment que quiconque parviendra en premier à cette IA générale aura un avantage sur le reste du monde, mais on peut douter que cela se produise ou quand » ajoute Greene.

Mais concernant la technologie d’IA actuelle, Moore est heureux de voir le verre à moitié plein. « Nous pouvons faire tellement pour améliorer la sécurité des personnes dans le monde et augmenter la productivité en utilisant simplement les outils existants. »

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1 réponse
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  • Ce qui est stupide, c'est d'utiliser aujourd'hui l'IA dans des applications nécessitant de l'intelligence en prétextant qu'elle en aurait suffisamment. Certains visent déjà le remplacement des intervenants humains par des machines dépourvues notamment de culture générale et d'éthique, et donc dans l'incapacité de réagir correctement (de notre point de vue) à des situations nouvelles. D'autres comptent déjà sur les possibilités d'auto-apprentissage en ignorant le moment où le volume d'informations acquises commenceront à provoquer des désordres cognitifs (régression, sénilité, ...) qui se traduiront par des dysfonctionnements, et éventuellement des catastrophes.
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